En savoir plus

Les Cités d’Or, c’est qui ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment le rejoindre et pour y faire quoi ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Cités d’Or sans jamais oser le demander…

Eugène Delacroix

Pourquoi ce nom ?

Qui sommes-nous ?

Histoire du mouvement (1ère partie)

Histoire du mouvement (2ème partie)

Paroles : des anciens des Cités d'Or témoignent

Les Cités d’Or : un réseau

Les générations nées à partir des années 80 ont été bercées par un dessin animé intitulé « Les mystérieuses cités d’or », qui relate la quête initiatique de trois enfants depuis l’Europe jusqu’en Amérique latine. Ce programme est devenu, pour plusieurs générations, une référence incontournable, synonyme d’aventure, de fraternité et de découverte ludique des civilisations du passé.

Mais pour nous, les Cités d’Or, c’est aussi et avant tout une référence directe à la Cité antique, berceau de la démocratie et du débat public dans le cadre de l’agora.

Enfin, les Cités d’Or, c’est un clin d’œil à cette mine inexplorée et inexploitée que constituent les territoires de relégation de la République (banlieues de nos villes, espaces ruraux désertifiés), dont les habitants auraient tant à offrir.

Les Cités d’Or est un mouvement d’éducation populaire régie par la loi de 1901. L’association a été fondée en 2007 à Champigny-sur-Marne (94) et son siège social est aujourd’hui à Lyon. Le mouvement réunit des personnes de tous les âges et de tous les horizons, autour de l’idée d’une éducation populaire adaptée aux usages et aux aspirations de notre temps.

Le mouvement des Cités d’Or est animé au niveau national par un Conseil d’administration de 14 membres. Son action s’appuie sur l’engagement de formateurs bénévoles, réguliers ou occasionnels, qui animent des sessions de formation ouvertes à 10 personnes au maximum à partir de 16 ans.

Sur le plan pédagogique, le mouvement s’appuie sur le Conseil des Cités d’Or, organe consultatif dont la vocation est de valider les orientations pédagogiques du mouvement et de fournir aux formateurs potentiels l’agrément qui leur permet de dispenser des formations au nom des Cités d’Or.

2007. Champigny-sur-Marne en banlieue parisienne. Deux frères – Karim et Sandy Mahmoud-Vintam, 30 ans et 26 ans, Tunisiens et Bretons par leur père, Guadeloupéens et Anglais par leur mère – réfléchissent à leur avenir et à celui de la société. En apparence, tout les sépare. Karim est passé par quelques-unes des meilleures écoles de la République : « prépa » au lycée Louis-le-Grand, Sciences Po Paris, ESSEC… Vaille que vaille, il mène la vie professionnelle qu’il a choisie : producteur junior de films pour le cinéma et de documentaires pour la télévision ; puis conseiller technique au Cabinet du Président du Grand Lyon ; puis secrétaire général d’une ONG franco-américaine… Comme beaucoup de jeunes, Sandy est ressorti complètement « dégoûté » de la machine scolaire, sans qualification ni diplôme. À côté de petits boulots, il consacre son temps libre au théâtre et à l’écriture de pièces, de chansons, dans l’espoir de vivre un jour de sa passion : le théâtre. Pourtant, l’essentiel les relie : le besoin de donner du sens à leur vie, l’envie d’être utiles, aux autres et à la société. Ils décident alors de réunir leurs réseaux et leurs talents pour promouvoir l’insertion sociale à travers l’éducation artistique et culturelle dans les « cités chaudes » de Champigny-sur-Marne : l’association Les Cités d’Or est née.

Petit à petit, des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, rejoignent les ateliers de découverte et de pratique artistique animés par la petite équipe de formateurs bénévoles des Cités d’Or : ateliers de théâtre, d’écriture, de bande dessinée, de musiques du monde, ateliers d’analyse d’image… Pourtant, au fil des ateliers et des échanges qu’ils suscitent, un constat s’impose : l’éducation artistique et culturelle n’est pour beaucoup qu’un prétexte pour aborder des questions plus larges, de nature existentielle et politique. Ce que réclament les personnes impliquées dans les ateliers, c’est d’abord d’exprimer ce qu’elles portent en elles, d’échanger et de débattre sur le sens de l’existence et de l’histoire, d’acquérir les outils qui leur permettraient de mener leur vie de façon plus autonome.

Le sentiment général exprimé par les personnes croisées, jeunes ou moins jeunes, est de ne pas avoir de prise sur le cours de leur vie, faute d’outils d’analyse et de compréhension de soi et du monde ; pas de prise non plus sur le cours de la société dont elles se sentent de moins en moins parties prenantes ; pas de confiance en soi (personne ne croit en moi !) ; pas de respect de soi (je n’ai ni les mêmes droits ni les mêmes devoirs que les autres !) ; pas d’estime de soi (je n’apporte rien à la société !). D’où de la frustration, de la colère, parfois du désespoir. Bref, tous les citoyens sont libres de choisir leur vie, mais certains le sont plus que d’autres…

C’est pour tenter d’apporter une modeste contribution à ces enjeux fondamentaux, de nature éthique et politique, que Les Cités d’Or vont progressivement se transformer jusqu’à prendre leur forme actuelle : une « pépinière » du changement individuel et collectif. L’idée est simple : identifier et diffuser les savoirs, savoir-faire et savoir-être fondamentaux dont tout individu a aujourd’hui besoin pour être pleinement acteur de sa vie et pleinement acteur de la société ; tenir ensemble transformation personnelle et transformation sociale pour prendre au sérieux l’idée de « capacitation » sur laquelle des auteurs tels qu’Amartya Sen ou Martha Nussbaum ont déjà largement travaillé – entreprise qui ne saurait se focaliser sur la seule insertion socio-économique sans rater son but.

Les témoignages qui suivent sont ceux de quelques-uns des garçons et des filles qui ont rejoint les Cités d’Or ces dernières années pour suivre le « parcours d’autonomie et de citoyenneté » proposé. Ils ont été choisis parce qu’ils reflètent le sentiment des jeunes et moins jeunes qui font les Cités d’Or, parce qu’ils montrent aussi l’impact du travail des Cités d’Or sur les personnes accompagnées, sur le plan de l’autonomie personnelle mais aussi sur le plan de la conscience civique que les Cités d’Or cherchent à promouvoir. Enfin, ces témoignages ont été choisis… parce qu’ils font plaisir à entendre !

*

Je n’avais aucune confiance en moi. Je me trouvais nul, inutile, parfois j’avais envie de mourir… Dans les Cités d’Or, j’ai trouvé une deuxième famille. J’ai trouvé l’écoute, la considération et les « armes » dont j’avais besoin pour me projeter dans l’avenir. (Yavar, 31 ans)

*

A l’époque, j’étais en Deug d’arts plastiques à Marne-la-Vallée. J’étais arrivé là parce qu’il fallait bien choisir quelque chose après le Bac. Mais mon avenir, c’était le trou noir. Les Cités d’Or m’ont permis de prendre du recul par rapport à moi-même, par rapport à la société aussi. Ensuite, j’ai continué à « galérer », mais c’était différent : je me respectais. J’ai cherché du boulot, je me suis rendu compte que ma vie, c’est ce que je veux en faire, et que le seul capitaine à bord, c’est moi. (Peter, 27 ans)

*

Avant les Cités d’Or, j’étais en colère, j’avais une violence en moi qui m’étouffait tout le temps. Là-bas, j’ai rencontré des gens que j’aurais jamais rencontrés. Ma colère a pas disparu, mais elle est devenue un moteur. Maintenant, j’ai de bonnes relations avec ma famille, avec mon voisinage. Maintenant, je sais que je peux changer, je sais aussi que si on s’y met tous, on peut changer le système. (Tony, 21 ans)

*

Avant, jamais j’aurais osé prendre la parole devant des gens que je connaissais pas. J’étais toujours avec les mêmes personnes, toujours dans les mêmes coins. Je pense que ça me rassurait… Et puis je pensais que tout le monde me voyait comme moi je me voyais, comme un pauvre nul. Mais en fait, si tu te trouves nul, les gens finiront tous par te trouver nul. Aujourd’hui, je peux dire ce que j’ai à dire à n’importe qui, sans peur et sans violence. Mon univers s’est élargi, et ça, je le dois aux Cités d’Or. (Humberto, 24 ans)

*

Maintenant, je sais que c’est très con, et j’ai presque honte de le dire, mais avant, j’étais obsédé par les Juifs, par les Francs-maçons, par les « illuminati ». Je voyais des complots partout, mais en fait, c’est parce que j’y comprenais rien. Mais c’est dur de s’informer ; c’est dur de comprendre… Avant, mes infos, c’était deux-trois vidéos vite fait sur YouTube. Et puis, évidemment, je cherchais que ce qui me confortait dans mes idées… Si les Cités d’Or m’ont apporté une chose, c’est apprendre à aller chercher les infos là où elles sont, ne pas en rester à ce que je crois, ou à ce que je veux croire. Pour comprendre, il faut connaître, et ça, même pour les gens qui ont quitté l’école en courant comme moi, il est jamais trop tard pour l’apprendre. (Karim, 27 ans)

*

Avec les Cités d’Or, j’ai appris à ar-gu-men-ter, et ça, c’est le pouvoir : savoir dire non et pourquoi on dit non. Savoir dire oui aussi, et pourquoi on dit oui. Et ça sert partout, dans la rue, dans la famille, avec les amis, dans le boulot, partout ! La violence, c’est l’arme de ceux qui ont pas les mots, pas les arguments. La parole, la parole argumentée, c’est la vraie arme. Si tous les citoyens pouvaient prendre la parole, comme ça, plus personne ne nous emmèrerait là où on ne veut pas aller. (Ousmane, 18 ans)

*

Savoir ce qu’on veut, c’est essentiel. Mais pour ça, il faut apprendre à se connaître. Mais ces trucs-là, avec qui t’en discutes ? Certains ont la chance de pouvoir faire ça avec leurs parents, ou avec leurs amis. Moi, c’était pas mon cas. Et les conseillers ANPE, merci ! Je les critique pas, mais qu’est-ce que tu veux faire quand tu vois 50 personnes par jour ? Ben t’essayes de les caser ! Je leur en veux pas, mais heureusement que j’ai croisé les Cités d’Or sur ma route… Et puis c’est pas qu’une question de taf, il y a aussi le sens que tu donnes à ta vie, et ça, c’est la fondation. Ça te garantit pas de réussir, mais sans ça, t’es sûr d’aller nulle part. (Sabrina, 20 ans)

*

Quand tu veux changer les choses, c’est dur de savoir où aller, où mettre ton temps, où mettre ton énergie. Je suis allé dans des partis, dans des assoces et tout, mais c’est toujours pareil : on s’en fout de savoir ce que tu penses. Y a des slogans ou des campagnes. T’es pour ? Tu donnes de ton temps, tu colles des affiches, tu distribues des papiers, t’essayes de convaincre des gens et de leur tirer du flic au passage… T’es contre ? Tu fermes ta gueule ou tu te casses… Moi j’avais besoin de réfléchir à la société, de savoir où agir, comment, pourquoi. Et c’est ça que j’ai trouvé aux Cités d’Or. On m’a jamais dit : « Il faut faire ceci » ou « Tu dois faire cela ». De toute façon j’aurais pas suivi ! J’avais des questions, et je suis reparti avec des questions, mais plus précises, plus puissantes, plus utiles. Je suis reparti avec quelques réponses aussi, mais que personne ne m’a jamais imposées. Alors, c’est pour quand le mouvement les gars ? (Michel, 29 ans)

Depuis 5 ans, le réseau des Cités d’Or s’étoffe et se diversifie depuis la région parisienne et la région lyonnaise. Ce réseau comprend aujourd’hui des centaines de sympathisants à travers la France. Les Cités d’Or se sont également rapprochées d’autres groupes ou réseaux pour travailler avec eux : les Dialogues en Humanité (Lyon) ; Bridge Initiative International (Bretagne) ; le mouvement pour un Pacte Civique…

Répondre

Vous devez être connecté pour ajouter un commentaire.

Top