Horizon

Un monde sans horizon est un monde dans lequel il est impossible de savoir dans quelle direction tourner son regard et investir son énergie. Notre horizon tient en trois mots : liberté, égalité, fraternité.

Eugène Delacroix

Devenir humain

La liberté comme horizon

L’égalité comme horizon

La fraternité comme horizon

La vie est faite d’ambitions et de rêves. Mais je grandis et je vois les ambitions de ma jeunesse s’éloigner. Déjà je suis grand(e) et la vie se révèle si dure, la société si violente, si injuste, si absurde souvent, que je finis par renoncer à tout rêve, pour moi-même ou pour le monde. Pourtant, ça n’est pas une malédiction : ça s’appelle être humain, et c’est violent…

Certains finissent par baisser les bras et deviennent aigres comme des fruits tombés trop tôt. D’autres se révoltent contre leur sort et embrassent la voie de la violence et de la destruction : mais contre qui, et contre quoi ? D’autres finissent par se convaincre que la vie n’est qu’un combat, et deviennent des individus cyniques, prêts à marcher sur la tête de leur prochain pour parvenir à leurs fins : chacun pour soi. Choisir ces voies, c’est se condamner à une vie inutile, insensée et surtout… malheureuse.

Les Cités d’Or sont nées d’une conviction : la vie ne peut pas se résumer à ça ; le monde n’est pas condamné à être ce qu’il est. Tu veux devenir pleinement acteur de ta vie et pleinement acteur de la société ? Tu veux trouver ta voie dans la vie et une voix dans la société, ou aider d’autres personnes à le faire ? Alors bienvenu(e) aux Cités d’Or.

Depuis 2007, les Cités d’Or proposent des ateliers gratuits et des « armes » (convaincre sans manipuler ; trouver l’info, échapper à l’intox ; entretenir et enrichir son environnement humain ; prendre confiance en soi et conscience de soi à travers le théâtre ; mieux comprendre les mécanismes de fonctionnement du monde contemporain…) à des personnes qui, comme moi, et peut-être comme toi, sont en quête de sens, de vérité, de justice, hors de tout parti, de toute Église, de tout clan. Ce mouvement réunit des personnes qui ont choisi de mettre en commun des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être qui les aideront à vivre mieux, à changer, à grandir ; un mouvement de personnes qui ont choisi d’être le changement qu’ils/elles veulent voir advenir dans le monde.

Ce n’est pas parce que les choses sont impossibles que nous ne les faisons pas ; c’est parce que nous ne les faisons pas qu’elles paraissent impossibles…

dora-maar-1936.jpg!BlogPourquoi se préoccuper de liberté dans une société habituellement présentée comme libre ? D’abord parce que l’histoire nous enseigne qu’il n’existe pas de liberté sans effort de libération : la liberté n’est pas comme un fruit mûr qu’on pourrait se contenter de ramasser. Des générations d’hommes et de femmes ont dû se battre pour vivre plutôt que survivre ; pour échapper à la tyrannie des plus puissants ; pour exprimer librement leurs pensées sans être inquiétés ; pour choisir leur vie et choisir la société dans laquelle ils voulaient vivre. Mais la vie elle aussi nous enseigne qu’il n’y a pas de liberté sans libération, et notre plus grand oppresseur, c’est nous-même : être libre, c’est savoir se libérer des préjugés de son éducation, de son milieu, se libérer des certitudes qui nous empêchent de voir le monde tel qu’il est et de penser librement, se libérer de ses peurs car c’est la seule façon de grandir, de changer et de changer le monde quand nécessaire.

Pour quoi se donner l’égalité comme horizon ? Ne sommes-nous pas déjà égaux en droits et en devoirs ? Cela est vrai, dans les textes de nos lois et de notre constitution, mais qu’en est-il dans notre vie ? Que dire à celles et ceux qui jugent que la société est injuste, qu’elle n’offre pas les mêmes chances à tout le monde, qu’elle est complaisante pour les puissants (ceux qui ont le pouvoir, la richesse) et implacable pour les faibles ? Notre conviction, c’est que l’égalité restera un horizon tant que tous les citoyens ne seront pas également libres de choisir leur vie et la société dans laquelle ils souhaitent vivre ; tant que l’enfant de la caissière ou du postier n’aura pas les mêmes chances que l’enfant du propriétaire d’hypermarché ou du haut fonctionnaire ; tant que notre école approfondira les inégalités sociales et culturelles plutôt qu’elle ne les réduira. Notre société a cruellement besoin d’égalité car c’est la première condition de la démocratie : égalité des droits, égalité des chances, égalité des libertés. Chacun est appelé à choisir sa vie ; encore faut-il que chacun soit également libre de le faire. Sinon, les injustices dont nous avons tous été témoins ou victimes continueront de croître, la frustration et la violence qui souvent les accompagnent continueront de grandir, le lien social continuera de se défaire. Car l’égalité n’est pas qu’une question matérielle de distribution ou de redistribution équitable des richesses, c’est aussi une question éthique de reconnaissance : reconnaître enfin que chacun d’entre nous est également libre de choisir sa vie et d’apporter sa contribution singulière à la société.

8faf215be5cdbdba59323cd3544e72cdFraternité… Connaissons-nous encore le sens de ce mot pourtant inscrit sur le fronton de toutes nos écoles et de tous nos bâtiments publics ? La vie sociale ressemble souvent à un enfer, où tout le monde se méfie de tout le monde, où l’égoïsme et le « chacun pour soi » sont devenus la règle du jeu, où au mieux l’indifférence, et au pire l’incivilité, l’agressivité voire la violence au quotidien sont devenues des choses banales. Pensons à notre surprise quand un(e) inconnu(e) nous tient une porte, nous salue avec un sourire ou nous donne un coup de main ! Ce qui devrait être « normal » est devenu exceptionnel… et nous en souffrons tous. Se donner la fraternité comme horizon, c’est croire qu’il est possible de retisser de l’humain entre nous, entre jeunes et vieux, hommes et femmes, riches et pauvres, public et privé, entrepreneurs et salariés, croire que nous sommes assez sages pour préférer la paix à la guerre, assez confiants en nous-mêmes et en la nature humaine pour voir en l’autre un autre soi-même, assez courageux pour ne pas nous contenter d’un usage purement négatif de notre liberté (« ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ») et user positivement de notre liberté pour faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Imaginons une société où nos relations ne seraient pas régies exclusivement par le Marché et par le Droit, mais aussi par la règle de l’amitié et de la réciprocité… Inventer la société et le monde de demain n’est pas seulement une question de moyens matériels ou techniques. C’est une question qui nous invite à inventer une spiritualité et une pratique de la fraternité républicaine.

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