Patrice Barrat

Membre du Conseil d’Administration (Paris)

Patrice 3

Le monde, je le parcours depuis longtemps. Avec parfois le sentiment qu’à trop regarder les malheurs – et les bonheurs parfois – de ce monde dans lequel nous vivons, il devient difficile de le voir sans penser à la répétition du même.

Journaliste, à la radio ( RTL), dans la presse écrite (Nouvelles Littéraires et quelquefois pour Libération ou Le Monde) puis pour la télévision, réalisateur puis producteur, j’ai été amené à créer deux agences de presse audiovisuelles ( Point du Jour, Article Z) et deux ONGs(Internews Europe, Bridge Initiative International), plus par esprit d’indépendance que par celui d’entreprise…

C’est étrange, j’ai vécu plusieurs sièges: Beyrouth (1982), Tripoli ( au Nord Liban, 1983), Sarajevo ( 1993-94-95 en ce qui me concerne). J’ai vu plusieurs famines (Éthiopie, Soudan, Somalie). J’ai raconté la pauvreté à …New York ou à Paris. Et la Bourse aussi.

Et au bout du compte, moi qui voulais comprendre le monde et surtout le donner à comprendre, j’ai senti qu’il devenait de plus en plus important de ne pas en faire un « spectacle », quelque chose que l’on regarde au loin avant de passer son chemin.

J’ai un peu bataillé pour cela, à travers des films comme « Famine Fatigue ou le Pouvoir de l’Image » ou  » Qu’Avez-Vous Vu de Sarajevo? » ou en inventant des formats, c’est-à- dire des manières de décrire le réel où le spectateur pourrait ne pas se croire impuissant ( VIS-à-VIS, MAD MUNDO, Chroniques Documentaires Quotidiennes, L’Autre) ou encore saisir justement les nuances entre les réalités du monde.

Aujourd’hui, au delà du choix  de devenir , avec Bridge Initiative, « médiateur » sur des enjeux conflictuels, internationaux ou nationaux, l’autre chose la plus importante pour moi, c’est d’essayer de transmettre si ce n’est ce que j’ai compris du monde comme il va, en tout cas cette idée qu’il y a plusieurs manières de le regarder.

Et les Cités d’Or me donne cette chance. Celle aussi de continuer à apprendre en découvrant comment ceux qui participent à ces ateliers perçoivent ce que je n’ai pas su voir.

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