Sandy Sautour

Co-fondateur
Membre du Conseil d’Administration (Paris)
Form’acteur

SANTOR 6

Je m’appelle Sandy Mahmoud de par mon père, Sandy Vintam de par ma mère et Sandy Sautour de par mon beau-père qui prend la relève de mon éducation paternelle lors de mon arrivée en France, à Champigny-sur-Marne (Val de marne, 94), j’ai alors 12 ans. J’ai passé mon enfance en Guadeloupe, puis je découvre la vie de banlieue en me tournant peu à peu vers Paris.

Le théâtre fait partie de mes rêves. Depuis toujours, mon attirance pour cette pratique m’émerveille et me passionne : les rencontres, l’échange avec l’autre, les transmissions de savoirs. La lecture est également un outil que j’affectionne pour m’éduquer, mais je préfère être dehors pour discuter.  Autant vous dire que grâce au théâtre et à mon envie de partager et d’apprendre des gens, je rencontre toutes sortes de personnes venant de milieux sociaux totalement différents, je n’appartiens à aucun milieu, à aucune communauté, j’accepte l’autre dans toute sa diversité, son état d’être, ses faiblesses et ses atouts. Je me pose souvent comme défenseur des uns et des autres : s’il faut que je sois le seul à t’accueillir, alors sois le bienvenu.

Le collège et le lycée sont pour moi un terrain de jeu et de rencontre, le système éducatif ne m’épanouit pas, je suis un élève turbulent et réfractaire à cet enseignement ;  mais comme je suis sympa, je continue pour maman (rire), même si au fond de moi la critique de ce système me pousse à ne pas y croire. Je vous laisse imaginer toutes ces années. Tout ce que je voulais, c’était devenir acteur ou footballeur. Je ne suis pas footballeur parce que j’aimais trop faire la fête, me coucher tard, je ne fonctionnais que par coups d’éclat, un génie inconstant, trop éparpillé, et qui ne dit jamais non à une proposition ou un challenge.

En même temps que le sport, je faisais mes armes au théâtre, où j’ai rencontré le même problème avec moi-même : laxiste, pas de suivi réel, des coups de génies sur scène mais un gros manque de travail, pareil pour la confiance que j’ai en moi, elle ne fonctionnait que par coups d’éclat.

Malgré tout, je persiste. Le foot, avec le temps, devient un passe-temps, un moyen de garder la forme ; et puis surtout ; j’aime ça. Bref, le foot a eu sa chance.

Mon attention se focalise alors sur la scène, le théâtre, le cinéma. L’horizon s’éclaircit, je visualise le but, j’y trouve un plaisir incommensurable, j’y rencontre des maîtres et maîtresses qui me font confiance, qui me transmettent leurs savoirs, ma vie commence à prendre forme.

Bien sûr, je ne suis pas encore assez aguerri et je manque de discernement, je me laisse tenter par la vie amoureuse : celle-ci me force à ralentir mon engagement professionnel, et je m’engage avec elle, ça ne marche pas, car j’aime trop les autres et le théâtre. Nous nous séparons. J’ai deux enfants merveilleux.

Après cet échec, je me reconstruis à travers mes passions : le théâtre et l’amour que je porte aux autres qui me le rendent bien.

J’utilise le cinéma et le théâtre comme un espace d’expériences, un laboratoire de vie, un moyen de comprendre les autres, de les lire, pour pouvoir les apaiser, résoudre des conflits, un moyen de leur donner confiance et conscience d’eux-mêmes, j’y trouve mon compte : les retours sont impressionnants tant le changement est puissant et positif.

Pour moi, l’art sert à transformer, à changer, à grandir, c’est un outil d’émancipation, une manière de rassembler de façon à échanger pour débattre, et ainsi mieux se comprendre.

J’ai un grand frère de 4 ans mon ainé : Karim. Sans vouloir vous raconter toute ma vie, nous grandissons et forgeons nos armes, nos caractères, dans deux univers sociaux assez différents d’un point de vue code et communication ; une petite rupture s’effectue entre nous à cause de notre vision et notre compréhension du monde, nous sommes encore jeunes et la distance de nos habitations creuse l’écart, l’humour est alors notre force pour communiquer et aussi notre meilleur point d’attache pour nous rapprocher.

Avec le temps, des années plus tard, je me rends compte de tout ce que je viens de vous raconter, nous créons alors avec Karim les Cités d’Or, pour que cette distance entre les êtres ne soit plus vécue comme une fatalité mais tout simplement comme une lacune à combler ; les incompréhensions sont juste dues au manque de savoirs. Comprendre pour agir. Comprendre pour rassembler. Comprendre pour vivre mieux avec soi et avec les autres.

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