Convictions

Les Cités d’Or, c’est d’abord un ensemble de convictions qui animent des hommes et des femmes de tous les âges et qui les réunissent autour d’un projet singulier depuis 2007.

Eugène Delacroix

Conviction n°1 : le monde est le résultat de chacune de nos actions

Conviction n°2 : la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur-elle même

Conviction n°3 : nous pouvons toujours plus que nous ne le pensons

Conviction n°4 : nous avons tous besoin d’un horizon personnel et collectif

Conviction n°5 : la plus grande richesse d’une société, ce sont les êtres humains

Conviction n°6 : nous ne vivons pas une crise mais un changement de monde

Conviction n°7 : on ne naît pas libre, on le devient

Conviction n°8 : la vérité n’est la propriété de personne

Conviction n°9 : Chacun peut devenir pleinement acteur de sa vie et de la société

Conviction n°10 : nous n'avons pas d'autre ennemi que nous-même

Conviction n°11 : la violence est une voie sans issue

Conviction n°12 : Nous ne sommes pas seul(e)s

Nous critiquons souvent la société telle qu’elle est, mais que faisons-nous pour la changer ? Comment vivons-nous au quotidien ? Quels rapports entretenons-nous avec nos proches, nos voisins, nos collègues, avec celles et ceux que nous croisons quotidiennement ? Qu’est-ce que nous produisons, qu’est-ce que nous consommons, qu’est-ce que nous créons ? À travers ce que nous pensons, à travers ce que nous faisons mais aussi à travers ce que nous ne faisons pas, nous contribuons à conserver le monde tel qu’il est ou à le transformer. Nous sommes donc tous responsables de la société telle qu’elle est, par notre activité ou par notre passivité, par nos engagements ou par notre indifférence. Bref, le monde sera demain ce que nous en faisons aujourd’hui. Et si nous voulons vraiment changer le monde, alors commençons par changer nous-mêmes.

Selon la formule de Franklin Delano Roosevelt (président des États-Unis de 1933 à 1945), « la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur-elle même ». En effet, nous sommes souvent paralysés par la peur : peur de se tromper ou d’échouer, peur des autres et de leur regard, peur de soi ou des conséquences de nos propres actes. Et il est vrai qu’il est impossible de prévoir avec certitude les résultats de nos actions : parfois, avec les meilleures intentions du monde, nous agissons pour des résultats qui se révèlent décevants ou même contraires à ce que nous en attendions. Mais est-ce une raison pour ne rien faire ? Vivre, c’est courir le risque constant de se tromper, d’échouer ; c’est aussi avoir la lucidité de tirer les leçons de ses erreurs pour changer de cap. Plus que jamais, nous avons besoin de courage. Or le courage, ce n’est pas l’absence de peur, c’est la capacité de chacun d’entre nous à surmonter ses propres peurs pour aller de l’avant.

Alors que je ne suis rien d’autre que le petit rouage d’une énorme machine, comment pourrais-je influencer le cours des choses ? Cette question nous habite tous, et nous plonge souvent dans le fatalisme et l’inaction. Pourtant, chacun a sa contribution à apporter aux nécessaires changements de la société, ne serait-ce que par l’exemple qu’il donne autour de lui. Pensons à ce petit bonjour qu’un inconnu nous adresse dans la rue, et qui nous donne envie de dire bonjour à tous ceux que nous croiserons durant la journée. La douceur invite à la douceur. L’agressivité appelle l’agressivité. La bonté invite à la bonté. La violence appelle la violence. La fraternité appelle la fraternité. Cela nous rappelle une règle d’or commune à toutes les grandes traditions de l’humanité : fais à autrui ce que tu voudrais qu’autrui fasse pour toi. Vivre dans un tel monde ne dépend que de nous.

Comment vivre, et surtout comment avancer dans la vie, sans savoir dans quelle direction tourner son regard et ses efforts ? Sans horizon, nous sommes dans la nuit, condamnés à marcher à l’aveuglette. Au niveau individuel, l’absence d’horizon est source de démotivation, de peur et de dépression : comment en effet se projeter positivement dans l’avenir quand notre présent est dénué de signification et de direction ? Et ce qui est vrai au niveau individuel l’est aussi au niveau collectif : une société qui n’a pas d’horizon, qui n’a pas de projet mobilisateur dont chacun se sente pleinement partie prenante est une société condamnée à la dépression et au pilotage à vue.

Nous serons tous d’accord pour affirmer que la plus grande richesse d’une vie, ce sont les relations d’amour, d’amitié et de fraternité que nous entretenons avec celles et ceux qui nous entourent. Pourtant, lorsque nous réfléchissons à ce qui fait la richesse d’une société, nous sommes immédiatement aveuglés par une logique économique : nous pensons PIB, industrie, ressources matérielles… Or le seul élément qui fasse la richesse durable d’une société, ce sont les individus qui la composent : sont-ils éduqués ou illettrés ? Sont-ils capables d’autonomie, d’inventivité et de créativité ou sont-ils uniquement capables de suivre des ordres venus d’ailleurs ? Sont-ils capable de se mettre au service des autres ou sont-ils emmurés dans leur égoïsme ? Sont-ils des citoyens libres, éclairés, conscients et responsables du devenir collectif, ou sont-ils un troupeau de moutons à la merci du premier démagogue venu ?

Une crise qui dure 40 ans et qui ne cesse de s’approfondir, ce n’est plus une crise, c’est le signe que nous changeons de monde. Ce qui s’effondre sous nos yeux, c’est un modèle qui a permis au monde occidental de se développer de façon unique au regard de l’histoire de l’humanité : jamais nous n’avons été collectivement aussi riches ; jamais nous n’avons été individuellement aussi libres. Mais cette extraordinaire aventure a un prix, que nous payons aujourd’hui. Ce modèle avait besoin d’un Homme rationnel, calculateur, prévisible car soucieux de son intérêt bien compris : il a entretenu pendant des siècles l’égoïsme, la cupidité, un matérialisme effréné au point de faire de chaque individu sa propre fin. Ce modèle avait aussi besoin de briser le lien que l’Homme entretenait avec la Nature depuis des millénaires, pour ne plus voir dans le monde qu’un réservoir de ressources que l’on pensait inépuisable ; un vaste marché où tout s’achète et tout se vend, et où ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur. Depuis 40 ans, ce modèle se fissure et s’effondre sous nos yeux : à nous d’en inventer un autre.

Il n’y a pas de liberté sans libération. Être libre, c’est en effet nous libérer de nos peurs, de nos pulsions, de l’héritage souvent encombrant de notre éducation, de notre milieu social, de notre culture, de tous ces préjugés et a priori qui nous empêchent de voir le monde tel qu’il est, d’aller vers les autres tels qu’ils sont et non tels que nous voudrions qu’ils soient. La liberté est donc une aventure difficile, et d’abord un combat de tous les instants contre soi-même, contre la facilité de « suivre le mouvement », contre le confort de l’irresponsabilité.

Notre conviction, c’est que la vérité n’est pas un bien que l’on possède : elle est un horizon, une quête, une recherche sans fin. Et pourquoi partir à la recherche de la vérité si on pense la détenir ? Cette conviction nous éloigne du sectarisme, du clanisme, de l’esprit de parti. Elle nous invite à remettre en cause nos préjugés et nos certitudes, à marcher les yeux ouverts et les oreilles tendues, à écouter avant de parler, à faire notre miel de toutes les nouveautés du monde. Mais alors toutes les opinions se valent ? Non, évidemment. Mais toutes les opinions méritent d’être écoutées avec attention, quitte à les rejeter avec rigueur.

Personne n’est condamné à être un spectateur de sa vie et de l’histoire : c’est une question de conscience, de volonté mais aussi d’outils que chacun peut acquérir pour « reprendre la main » sur sa vie et sur son environnement. Cela évidemment suppose de croire en l’Homme, en sa capacité à apprendre, à progresser, à grandir. Cela suppose aussi de croire en l’éducation comme seul levier de transformation profonde et durable de la société.

Par facilité, nous sommes souvent tentés de rechercher autour de nous des responsables à nos problèmes, à notre situation. Mais le seul responsable, c’est nous-mêmes. Notre seul ennemi, c’est la peur qui nous empêche d’avancer, l’égoïsme qui nous empêche de coopérer avec les autres, les préjugés qui nous empêchent de voir les choses telles qu’elles sont, la fainéantise, la lassitude, le découragement qui nous empêchent de donner forme à nos rêves. La vie, c’est ce combat contre l’ennemi intime, contre soi-même : ne nous trompons pas d’ennemi, nous gagnerons beaucoup de temps…

La violence ne mène à rien d’autre qu’à la violence. Elle abîme ceux qui l’exercent autant qu’elle abîme ceux qui la subissent. Elle nous rend bêtes. Elle est l’arme des impuissants : ceux à qui manque la connaissance, les arguments, la confiance en soi, le respect de soi, l’estime de soi.

Nous ne sommes pas seul(e)s à ressentir la nécessité et l’urgence d’un changement individuel et collectif profond. Nous ne sommes pas seul(e)s à estimer qu’il n’existe pas dans ce pays d’alternative désirable, cohérente et crédible. Nous ne sommes pas seul(e)s à nous désengager de la vie civique par résignation ou par dépit. Nous ne sommes pas seul(e)s à souffrir silencieusement d’une vie souvent perdue à la gagner (pour ceux qui ont la « chance » de travailler !), d’une vie sans horizon ni projet collectif, à souffrir d’un pays où tous les citoyens sont égaux, mais où certains le sont plus que d’autres… Nous ne sommes pas seul(e)s, bien au contraire… JE sais, TU sais, NOUS savons que le chemin du changement sera long, difficile, souvent décourageant, mais les initiatives et les alternatives existent, ici, ailleurs, partout. Reste à les relier. Et contre la résignation, soyons sûrs d’une chose : être isolé ne signifie pas être seul, être isolé ne signifie pas non plus être minoritaire. Les courants les plus puissants restent faits de gouttes d’eau…

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